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Tendances management 2026 (1/4) : le cerveau au cœur du travail

Sur le terrain, je constate un glissement. Le mot stress revient souvent, mais il ne décrit plus vraiment le quotidien des équipes. Les managers me parlent plutôt de journées saturées mentalement : décisions en chaîne, informations à trier, contenus à vérifier, arbitrages permanents, attention sollicitée sans relâche. Finalement, le travail avance, les objectifs sont atteints mais la fatigue s’installe de façon diffuse.

C’est là que le cadre de lecture évolue 🧐

La charge n’est plus seulement émotionnelle ou liée à la pression, elle est devenue cognitive.

Avec les outils numériques, l’IA et la complexité croissante des environnements de travail, la nature de l’effort mental évolue. L’IA accélère la production, mais elle génère aussi des volumes d’informations, de contenus et de propositions qui demandent à être relus, vérifiés, corrigés, arbitrés.

La Harvard Business Review parle de workslop pour désigner la production automatisée de qualité variable qui crée un surcroît de traitement cognitif pour les équipes. Le gain de temps apparent s’accompagne d’une sollicitation accrue de l’attention, du jugement et de la vigilance humaine.

C’est dans ce contexte qu’émerge le neuromanagement. Cette approche propose un déplacement du regard : concevoir le travail à partir du fonctionnement réel du cerveau humain, de ses capacités d’attention, de récupération et de régulation.

Dans certains environnements avancés, on commence déjà à observer finement la charge cognitive pour ajuster l’organisation du travail avant que l’épuisement ne s’installe.

Cela se traduit par des choix très concrets, par exemple :

  • des pauses de récupération mentale structurées, intégrées au rythme de travail.
  • des blocs de temps sans réunions, pour permettre de véritables temps de concentration.
  • une attention portée à ce qui soutient l’énergie cognitive, y compris l’alimentation proposée.
  • une meilleure prise en compte des rythmes biologiques, en adaptant certaines tâches aux moments de vigilance optimale.
  • des environnements de travail plus sobres sur le plan sensoriel, avec moins de bruit et sollicitations inutiles.

L’enjeu évolue.

Il s’agit de limiter ce qui consomme inutilement les ressources mentales, plutôt que de demander aux individus de s’adapter en permanence.

Ce déplacement est profond. Il fait passer le sujet :

  • de la gestion individuelle du stress,
  • à la conception collective d’un travail soutenable cognitivement.

Ce n’est pas un hasard si la santé cérébrale au travail s’impose dans les débats internationaux. Au World Economic Forum 2025, la brain health a été identifiée comme un enjeu clé de performance durable et de résilience des organisations. La question qui en découle est simple et exigeante : Le travail tel qu’il est conçu aujourd’hui respecte-t-il vraiment les capacités du cerveau humain ?

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