Etude de cas Un collaborateur vous demande : « Pourquoi…

Le temps de travail devient un risque pour les managers
Une situation expose aujourd’hui les organisations à un risque réel : les équipes atteignent leurs objectifs… mais la charge qui permet cette performance reste difficile à mesurer.
Le cadre est clair : en droit français, l’employeur doit pouvoir démontrer que la charge confiée reste compatible avec une durée raisonnable, y compris en forfait jours.
À défaut, les conséquences sont concrètes :
- remise en cause du forfait jours.
- rappel d’heures supplémentaires.
- mise en cause de l’obligation de sécurité.
Les analyses de la DARES confirment une intensification du travail et une hausse de la charge ressentie ces dernières années.
Ce pilotage repose largement sur les managers. Ils transforment les objectifs en réalité opérationnelle :
- dimensionnement des projets.
- validation des délais.
- arbitrage des priorités.
- organisation des cycles d’activité.
En pratique, ils déterminent le temps de travail réel de leur équipe.
Ce que cela implique pour vous, managers
1. Piloter à partir de la capacité réelle
Ne plus valider un objectif sans vérifier ce qui est absorbable.
Rituel (10 min / semaine)
• projets actifs par personne.
• estimation du temps.
• compatibilité avec le temps disponible.
→ Toute nouvelle demande suppose un arbitrage.
2. Rendre les arbitrages visibles
La surcharge s’installe par accumulation.
Règle d’équipe : chaque nouvelle demande appelle une décision : qu’est-ce qui est maintenu, décalé ou arrêté ?
→ Sans arbitrage, la charge augmente.
3. Travailler sur les écarts
Le risque se loge dans les écarts répétés.
Suivi (hebdomadaire)
• prévu vs réel.
→ Identifier les activités systématiquement sous-estimées et recalibrer.
4. Réintégrer le travail invisible
Une part importante du travail échappe aux plans :
• coordination.
• sollicitations.
• reprises.
Diagnostic (30 min / mois)
→ estimer leur poids et les intégrer dans la charge.
5. Tracer les décisions
Un pilotage implicite ne protège pas.
Trace minimale (2-3 lignes / semaine)
• priorités.
• arbitrages.
• ajustements.
→ Ce qui est formalisé devient pilotable et démontrable.
Ce qui change pour vous les managers
Le temps de travail s’impose comme un point d’équilibre entre :
• performance
• soutenabilité
• responsabilité
Cas concret
Un manager pilote une équipe de 7 personnes. Chaque collaborateur est engagé sur plusieurs projets en parallèle. Les délais sont globalement tenus.
Un point de charge est réalisé.
Constat :
- Certains collaborateurs sont impliqués sur 6 à 7 sujets simultanément.
- Une part importante du temps est absorbée par des sollicitations internes non planifiées.
- Plusieurs projets dépassent systématiquement les estimations initiales.
Décision prise :
- Limiter à 3 sujets actifs par personne.
- Conditionner toute nouvelle demande à un arbitrage explicite.
- Formaliser chaque semaine les priorités de l’équipe.
Résultats en quelques semaines :
- Réduction des dérives de planning.
- Meilleure lisibilité pour le manager.
- Baisse des tensions liées à la charge.
Ce type d’ajustement permet de reprendre la maîtrise du temps de travail réel.

Comments (0)